La mort, entre autres
De Philip Kerr. (suite de “la trilogie berlinoise”).
Dans ce quatrième opus on retrouvera avec délectation Bernie Gunther, toujours aussi flamboyant (quoi qu’il va en perdre un doigt le pauvre), 1949, l’épuration sauvage tend à toucher à sa fin dans une Allemagne ravagée, la femme de Bernie se meurt dans un hôpital en ruine et les forces d’occupation s’engluent dans une société par forcément très coopérative.
Un contrat pour retrouver un époux nazi disparu, et il n’en faut pas plus pour lancer Bernie dans une nouvelle enquête qui le mènera sur des pentes plutôt glissantes… C’est une aventure palpitante qui démarre alors, de Berlin à Munich en passant par les Alpes, sur la trace des réseaux qui permettent aux anciens nazis de s’expatrier en Amérique latine. Le détective devra prendre garde à ne pas se brûler les ailes car ses investigations le mèneront dans un monde où chaque rencontre, chaque décision peu s’avérer fatale.
C’est toujours aussi plaisant à lire que les trois précédents volets de la saga, c’est toujours aussi palpitant, toujours aussi sombre et c’est avec la même facilité que l’auteur force le lecteur à ne pas pouvoir se séparer de l’ouvrage tant qu’il n’a pas tourné la dernière page. C’est bon, c’est accrocheur et efficace, le cinquième tome nous emmènera-t-il en Amérique latine ? Sans nul doute que oui. Encore une lecture à recommander.
Un traître
De Dominique Jamet.
Ça commence à la plage, c’est dans les années 30, il fait beau, Jean est un p’ti gars d’une dizaine d’années, il ne le sait pas encore, mais quelques années plus tard il va devenir une sorte de traitre, un collabo. de la pire espèce, un meurtrier, mais disposant d’un permis, et il s’en donnera à cœur joie. Ce roman, c’est une plongée dans un truc qui s’approche de la merde, ou comment des gens ont pu torturer, déporter, assassiner d’autres personnes, sans le moindre scrupule. Ici ce n’est plus une question de mauvais ou de bon coté, c’est une question d’humanité, que certains ont perdu au profit d’une rage démoniaque, d’une sorte de folie meurtrière.
Un traître, c’est un roman d’aventure historique (lieux et personnages restent cependant fictifs), bien écrit, qui se lit vraiment facilement, avec la capacité de vous glacer l’échine simplement en tournant une page, la lâcheté ordinaire orchestrée d’un main de maître par un noyau déviants. On ne sortira pas indemne de ce genre de lecture, et les questions resteront nombreuses. En tous cas, je m’y perds souvent à essayer de comprendre, ce qui a pu entrainer des hommes à agir de la sorte, quels étaient leurs choix ? Pourquoi ?
Pour ceux qui aimeraient aller plus loin concernant cette période trouble de l’histoire de France, je ne saurai que vous conseiller le documentaire de Marcel Ophüls, tourné en 1969 : “Le chagrin et la pitié”, la vie sous l’occupation dans la région de Clermond-Ferrand, une petite merveille.
Le roi des mouches.
De Mezzo & Pirus
Tome 1 : Hallorave. Tome 2 : L’origine du monde.
Noirceur, mélancolie, post adolescence et quête d’identité sont ici au programme sous forme de différentes nouvelles se recoupant à la manière de Shortcuts d’Altman. On rentre dans ce quotidien noir, psychédélique d’une jeunesse perdue que l’on situe en Lorraine ou en Allemagne (d’après les origines de Pirus) et le dessin hypnotique ne nous lâche pas. Ils s’emmerdent, fument, boivent et gobent. La magnifique atmosphère glauque est à rapprocher de celle de Clowes (« Comme un gant de velours pris dans la fonte » chez Cornélius), c’est dire si c’est de la bonne…
Chronique proposée par François de la librairie « Au Carré des bulles » à Metz. Au carré des bulles
Pinocchio
De Winschluss.
Magnifique ouvrage qu’est ce Pinocchio revisité, modernisé, trashé… Ce n’est plus un pantin de bois mais un simple robot. Ce n’est plus Jiminy Cricket mais Jiminy Cafard qui s’installe confortablement dans la tête du héros. Il faut un véritable talent, une véritable maîtrise de la narration figurative pour proposer un récit complètement muet (ou presque). Ce talent, c’est celui de Winschluss, qui avait notamment travaillé avec Satrapi pour l’adaptation cinématographique de Persepolis. On est dans le noir, le sombre et moi j’aime beaucoup ces « revisites » d’ouvrages originellement destinés aux enfants. Quand l’innocence infantile est confrontée à la réalité quotidienne.. Niark Niark Niark…
Chronique proposée par François de la librairie « Au Carré des bulles » à Metz. Au carré des bulles
1Q84
De Haruki Murakami
Si vous êtes déjà devenu lecteur assidu de “Testivore”, vous aurez constaté que je suis un inconditionnel d’Haruki Murakami, et du coup, vous imaginez aisément que la sortie d’un nouveau roman me plonge dans un état de semi transe…
Et là il semblerait que ce soit un morceau de choix qui va nous tomber entre les pattes à la fin de l’été : 1Q84 ou tout du moins les deux premiers tomes d’une trilogie annoncée. La sortie française est prévue pour le 25 Août prochain (tome 3 en mars 2012), cliquez sur le lien suivant pour vous retrouver sur la page d’accueil des éditions Belfond et leur fameux compte à rebours pour la sortie d’1Q84…
Compte à rebours sortie française de 1Q84
Présentation d’1Q84 par l’éditeur :
C’est l’histoire de deux mondes, celui réel de 1984 et un monde parallèle tout aussi vivant, énigmatique et en décalage subtil, celui de 1Q84, où deux lunes brillent dans le ciel. Deux mondes imbriqués dans lesquels évoluent, en alternance, Aomamé et Tengo, 29 ans tous deux, qui ont fréquenté la même école lorsqu’ils avaient dix ans, et unis par un pacte secret. En 1984, chacun mène sa vie, ses amours, ses activités. Les deux jeunes gens sont destinés à se retrouver mais où ? Quand ? En 1984 ? Dans 1Q84 ?
Une odyssée initiatique qui se joue des espaces et des temps et qui emporte tel un puissant courant, une atmosphère aussi étrange qu’envoûtante pour un roman double où sont réunis les thèmes de prédilection de l’auteur : la religion et la violence, le meurtre, l’Histoire, le sexe et l’amour pur, mais aussi l’écriture, la fabrication d’un roman, la solitude.
En lien un petit article de Christophe Greuet pour “culture café” qui nous annonce l’évènement :
Moi je dirai qu’une seule chose. Vivement le 25 Août…
Autoportrait de l’auteur en coureur de fond
De Haruki Murakami
Alors là je suis vraiment heureux. Je suis un inconditionnel d’Haruki Murakami depuis plusieurs années, il me semble avoir lu à peu près tout ce qui a été traduit en français de cet auteur, mais jamais je n’ai su me lancer dans un chronique d’un de ses ouvrages, tant l’expérience me semble complexe. Et puis ce matin, au saut du lit je me suis souvenu de ce petit essai autobiographique qu’il nous a pondu il y a pas pas mal de temps déjà : “autoportrait de l’auteur en coureur de fond”.
C’est assez improbable, mais figurez-vous que je me suis retrouvé trait pour trait de ce récit. Comme Mr Murakami, il y a quelques années je me suis rendu compte que je m’empattais (activité sédentaire etc etc…), comme lui je fumais, fumais et fumais encore, et comme lui toujours, il m’a semblé nécessaire de me reprendre en main et de me plonger dans une activité physique qui avec le temps est devenue intensive, une quasi dépendance.
Je comprenais donc merveilleusement bien les mécanismes qui ont poussé l’auteur à se lancer dans un tel récit.
Lire un Murakami se lançant dans la description des souffrances inhérentes à un marathon, c’est plus que formateur, c’est mystique. On retrouve sa plume hors du commun, son style inégalable, et on referme le bouquin sans s’être aperçu du temps qui a passé. A n’en pas douter, cet ouvrage m’aide au quotidien lorsque je sens ma rigueur flancher… N’hésitez surtout pas à vous plonger dans cet autoportrait, même si vous imaginez être à des années lumière de la thématique, je suis certain que vous en ressortirez plus fort.
La trilogie berlinoise
Réédition en version intégrale des trois romans : “l’été de cristal”, “la pâle figure” et “un requiem allemand”
De Philip Kerr.
Du polar bien efficace et bien ficelé avec pour toile de fond le IIIème Reich, ou les aventures palpitantes de Bernie Gunther, tantôt commissaire, tantôt détective privé frisant parfois avec le métier d’agent trouble.
Les trois romans s’étalent chronologiquement de 1936 à 1947, de l’apogée à la chute du Reich Allemand (vous savez, celui qui devait durer mille ans), et c’est une tornade à laquelle vous assistez, l’auteur ne vous laisse pas de répits, c’est rapide, nerveux et rythmé à souhait, bref du super bon roman policier, sombre et torturé. C’est pesant aussi, on ressent la chape de plomb qui écrasait la société de cette triste période de l’histoire. Le héro Bernie Gunther répond toujours présent pour nous abreuver de son humour noir et de ses répliques tranchantes, et c’est vraiment jouissif.
Au final, un policier qui fait bien son boulot, se sont mille pages qui se boivent comme du petit lait, c’est pesant et drôle en même temps, bref, quelque chose de vraiment très plaisant, je ne saurai que vous le conseiller.
La guerre des mondes
De H.G. Wells.
“Le colosse décapité chancela comme un géant ivre ; mais il ne tomba pas…”
Nous sommes dans la campagne anglaise lorsque au loin les habitants d’une petite bourgade voient tomber du ciel une étrange météorite, puis de nombreuses autres. D’abord intrigués, curieux, les villageois vont s’approcher des immenses cratères et découvrir d’étranges objets métalliques qui semblent animés, vivants… L’invasion de la terre a commencé à coup de rayons incandescents et d’armes chimiques. Les humains ne peuvent rien contre la puissance de frappe des envahisseurs. Et pourtant, contre toute attente, ces derniers ne sont pas immunisés contre la multitude de petites saletés que nous trimbalons à longueur de journée. Aussi vite qu’ils étaient arrivés, ces gueux venus de l’espace se sont décomposés… victimes d’une bête petite bronchite… On suivra avec effroi les tribulation d’un journaliste rescapé de la première vague d’attaques, sillonnant la campagne anglaise à la recherche de sa femme.
C’est superbement bien écrit, l’angoisse est palpable à chaque page, la panique déclenchée par l’invasion, la traque des rares survivants, les planques interminables et ce bourdonnement permanent des machines extra-terrestres. On vibre avec le livre de la première à la dernière page, un grand moment dans ma vie de lecteur, à n’en pas douter. Paru pour la première fois en 1898, le roman n’a pas une ride, une petite merveille.
Shutter island
De De Metter.
Tiré du polar culte écrit par Denis Lehane, Shutter Island adapté par de Metter est une véritable réussite. Une île au large de Boston abritant un asile psychiatrique est le décor de l’histoire. Mais c’est plus qu’une simple histoire d’évasion. Des couloirs sombres, une île désolée, une tempête qui approche…De Metter réussit, grâce à son magnifique trait, à restituer le crescendo diabolique du polar. Cette ambiance poisseuse parfaitement restituée plaira à tous les amateurs d’énigmes et de séries noires. La meilleure réussite, pour moi, de l’association Rivages Noir et Casterman.
Chronique proposée par François de la librairie « Au Carré des bulles » à Metz. Au carré des bulles
Pachyderme
De Frederik Peeters
Ah Peeters et son art de développement du récit, de mise en avant des relations humaines (Lupus, Les pilules bleues), ses ellipses… N’en jetez plus. Oui, j’aime les ouvrages de F. Peeters.
Donc, lorsque j’ouvre fébrilement le carton de livres et que j’aperçois l’œuvre tant attendue, je frétille, je frétille, je toque sur la couverture, on me dit que je peux rentrer, je m’assois et je contemple.
Une femme, années trente quarante, qui flotte, qui tombe, sous ce titre éléphantesque.
Un éléphant donc, un hôpital, des infirmières, un médecin et une voiture… Des divagations et de l’onirisme très « lynchien » sous une trame de roman d’espionnage pour ce portrait de femme dans un décor luxueux type Art déco.
Avec un excellent sens du rythme, l’auteur nous dresse un portrait de femme, à travers lequel on se laisse porter jusqu’au dénouement facile, mais tellement bien amené.
Chronique proposée par François de la librairie « Au Carré des bulles » à Metz. Au carré des bulles
…à la folie
De Sylvain Ricard et James.
On connaissait James pour ses « Open Space » (Poisson Pilote-Dargaud) et ses « Mauvaises Humeurs » (Six Pieds Sous Terre). Deux ouvrages parmi d’autres complètement différents et mettant en avant l’étendue de son travail humoristique et de mise en scène.
Cette fois-ci, il s’est adjoint les services d’un scénariste : Sylvain Ricard.
Nous voici donc invité-surprise en face de cet homme à l’aise chemise ouverte et cette femme qui se recoiffe, s’apprête, forcée de nous accueillir chez elle, chez eux, dans son couple, dans leur histoire.
On y rentre le sourire aux lèvres, chacune des situations, anecdotes étant différente en fonction de leur point de vue.
Et puis, doucement, silencieusement, le sourire s’estompe. Une atmosphère lourde s’installe.
Le mal sourd, insidieux, psychologique puis physique… Celui de cet homme à femmes, affable, beau et enjôleur sur cette femme qui ferme les yeux parce qu’elle l’aime, parce qu’ils s’aiment malgré tout.
Pas de prénom sur les personnages, juste des faits, visibles, invisibles mais présents.
Et la chute. La chute. Inévitable.
Chronique proposée par François de la librairie “Au Carré des bulles” à Metz. Au carré des bulles
Tokyo zombie
De Yusuka Hanakuma.
Oh punaise ! Parfois on tombe sur des bouquins qui donnent l’impression que l’auteur l’a écrit pour nous. J’aime les zombies (j’adore même), je prends de plus en plus de plaisir à découvrir les bandes dessinées japonaises, j’aime l’absurde, le décalé, je suis fasciné par les histoires de jujitsu à la sauce “lucha libre”… Tokyo Zombie a été créé pour moi…
Deux collègues, Fujio et Mitsuo, passent leur temps à s’entrainer aux techniques du jujitsu, par accident ils tuent leur patron, vu qu’au Japon ils savent plus bien quoi faire de leurs déchets il existe une sorte de montagne de détritus à la périphérie de Tokyo (le Fuji Noir). Le patron assassiné n’est pas seul a être enterré par là bas. Ni une ni deux, voilà que tous ces morts se transforment en une horde de zombies contagieuse, bientôt les faubourgs de Tokyo sont touchés, dans la panique, Fujio et Mitsuo vont être séparés…
Cinq années se sont écoulées, les survivants se sont regroupés dans des sortes de villages fortifiés et sont soumis à un régime de terreur de la part de gourous locaux, la vie n’a plus guère de prix, et seul quelques rares privilégiés peuvent bénéficier de certains avantages. Il existe une sorte d’arène dans chaque village ou l’on organise des combats singuliers entre humains et zombies.
Les opprimés vont-ils finir par se révolter et parvenir à se rendre justice ?
Les deux amis, Fujio et Mitsuo, vont-ils finir par se retrouver ?
Les humains vaincront-ils les zombies ?
Vous le saurez en lisant “Tokyo zombie”
Herman et Dominique
D’Alexandra Pichard.
Herman est un monsieur tranquille, il partage sa vie avec sa moule domestique, Dominique. Ils mènent une vie heureuse. Pourtant, un matin, Herman n’a plus que ses yeux pour pleurer lorsqu’il constate que Dominique a disparue en prenant la peine de lui laisser une message d’adieu … “je suis partie chercher le pain (et je ne reviens pas)”… Herman mettra beaucoup de temps à s’en remettre, mais finalement il rencontrera Marie-Claude l’huitre, qui partage les mêmes passions que lui. Le temps passe, Herman emmène Marie-Claude au restaurant (à Noirmoutier), ils commandent un moules frites… Dominique !!!
Herman et Dominique, ou comment aborder la notion de second degré avec les plus petits. Personnellement j’ai adoré, et je ne me lasse pas de l’offrir dans mon entourage.
Billy Wild
De Griffon & Ceka (version intégrale).
Le “Far West”, le gamin bouc émissaire, la poussière… Et puis un dilemme… Vendre son âme au diable… Mais tout a un prix… même la vengeance…
C’est violent, ultra violent même, c’est efficace, du grand scénario, un graphisme époustouflant, bref une perle dans le genre. Il me semble bien compliqué de retranscrire quoi que ce soit de mes ressentis, tant l’aventure à la lecture de cet ouvrage est mystique… pour le plaisir des yeux.
Une femme à Berlin. Journal 20 avril – 22 juin 1945
Anonyme.
C’est dur, c’est insupportable parfois. 400 pages de l’enfer vécu par une jeune Berlinoise à l’entrée des troupes Russes dans la capitale du Reich. On découvre cette vie misérable, dans la crasse, la faim, le froid, mais surtout la peur… Des bombardements, de la soif de vengeance des soldats de l’armée rouge : vols, viols, exécutions sommaires… ou comment passer entre les goutes d’une mort quasi certaine.
A la lecture de cet essai bouleversant, je me suis pausé de nombreuses questions. Les citoyens Allemands savaient-ils ? participaient-ils aux exactions commises au nom du Reich ? Et quand bien même étaient-ils tous des monstres, était-il nécessaire d’être aussi inhumain que celui qui a été inhumain ? J’imagine que ces propos, 65 ans après, n’ont pas vraiment de sens, et peuvent sans nul doute être considérés comme ridicules… Un sentiment étrange, triste et froid comme cette sombre période de l’histoire de l’humanité.
De sang froid
De Truman Capote.
“Récit véridique d’un meurtre multiple et de ses conséquences”
Hollcomb, ouest du Kensas, une famille est retrouvée massacrée dans sa maison. S’en suivra l’invraisemblable traque de Perry et Dick, qui laisseront comme une odeur de sang partout où ils passeront, comme un je ne sais quoi de malsain et de froid. Une arrestation, un procès, une condamnation… à mort, puis les dernières semaines, les derniers jours derrière les barreaux. Voilà, c’est la fin, les deux monstres ont été exécutés, la vie peu maintenant reprendre son cours.
Un ovni à mes yeux. Truman Capote nous transporte dans une Amérique des années 50 fascinante mais “bienpensante” qui pourtant est capable d’engendrer de tels tueurs. Le roman est écrit à la façon d’un documentaire et dès qu’on a tourné la première page, un peu comme avec un bon polar, il est impossible de lâcher le livre. Merci monsieur Capote de nous avoir offert cette perle rare, je n’ai encore jamais mis les pieds en Amérique, et pourtant, à la lecture de “de sang froid” j’ai eu le sentiment de me plonger dans ce pays, pouvoir le sentir, le toucher, le voir tout en m’imprégnant de ce fait divers atroce.
HHhH
De Laurent Binet.
HHhH “Himmlers Hirn heisst Heydrich” comme cela se disait chez les SS (le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich).
Laurent Binet nous plonge ici dans une aventure hallucinante. En 1942, deux résistants sont parachutés sur Prague avec pour mission de tuer Heydrich “le bourreau de Prague” “la bête blonde”, ils vont y parvenir, au prix d’une équipée rocambolesque à travers les faubourgs et les quartiers de la capitale Tchèque. On croisera toute sorte de personnages, collabo’, résistants, indifférents, on se révoltera de la barbarie nazie qui saura s’exprimer avec fermeté, on se laissera emporter par un final palpitant digne d’un film d’action.
Mais plus encore que cette aventure trépidante, c’est la façon dont l’auteur a choisit de traiter le sujet qui me semble vraiment intéressante. Un mélange de faits réels, méticuleusement présentés à la manière d’un historien, avec un soupçon de romanesque, le tout savamment orchestré par une écriture saccadée et rapide (257 “chapitres” pour 440 pages). C’est intense, ça se boit comme du petit lait, à mes yeux c’est une petite merveille. Bref, vous en conviendrez, j’ai adoré cet ouvrage…
http://www.deslivres.com/livre/9782246760016/HHhH.html
Scrublands
De Joe Daly
Scrublands ou une sorte d’ode à l’absurdité, mais une absurdité bien sentie, maitrisée à la perfection par une Joe Daly hors du commun. Plusieurs petites nouvelles sont regroupées dans un ouvrage d’une centaine de pages à ne pas mettre entre toutes les mains.
On suivra ici avec délectation les pérégrinations de Kobosh & Steeve, d’Aquaboy ou encore de Doffmann & Hoagie, des héros surréalistes embrumés dans d’étranges volutes cannabiques, évoluant dans un monde absurde ou la moindre anecdote se transforme en une aventure palpitante et grotesque.
N’oublions pas de parler de “Prebaby” la plus longue nouvelle de l’ouvrage qui nous offre le privilège de suivre la dangereuse aventure d’un spermatozoïde depuis l’expulsion jusqu’à son but ultime… Une pure merveille de bande dessinée.
Les frères guedin
Vous connaissez les frères Guedin ? Si ce n’est pas le cas, je ne saurai que vous conseiller de vous procurer d’une manière ou d’une autre quelques morceaux de leurs travaux. C’est de la BD, de la très bonne BD, alternative, indépendante et sans concessions !!

















![p31 [Converti]](http://testivore.files.wordpress.com/2011/07/inter169-billy-wild-planche-big.jpg?w=219&h=300)






